14 oct
2009

Jean Sarkozy à l’Epad : scandale et chasse à l’homme

Jean Sarkozy, candidat à la présidence de l’EPAD (Etablissement public d’aménagement de la Défense). J’avais décidé de me taire sur ce sujet, trouvant que c’était un scandale, mais ne voulant pas participer à la chasse à l’homme. Mais certains “hommes du président” ont déclenché une réplique à la polémique avec la méthode qu’on leur voit très souvent appliquer quand on regarde les questions au gouvernement sur France 3 (ce que je vous recommande quand vous en aurez l’occasion).

Alors, quelle est cette méthode ? Et bien tout simplement, on va fouiller dans le passé pour reprocher aux gens d’avoir fait hier ce qu’ils nous reprochent aujourd’hui. A l’assemblée, notre premier ministre en est un spécialiste, les ministres se font historiens et à chaque question ou presque de l’opposition, la réponse est cinglante : “c’est bien la gauche qui a mis tel ou tel système en place il y a tant de temps etc…” Ca m’horripile au plus haut point. Je suis peut-être candide, mais je ne suis pas naïf, je sais bien que c’est une bonne méthode pour noyer le poisson et ne pas répondre à une question embarrassante, çà ne passe pas. Pour moi, c’est le contraire de ce que la majorité passe son temps à “réclamer” : le débat démocratique.

En effet, ça ne fait pas avancer le schmilblik, d’une part, et d’autre part, comme le député auquel au répond ça n’a pas le loisir de répondre ensuite, c’est une méthode tyrannique. De plus, ça participe de 2 principes ridicules :

  • on ne change jamais d’avis au cours d’une vie, on n’apprend pas de ses erreurs et on n’évolue pas dans son jugement
  • on sait bien que ce qu’on fait n’est pas bien, mais il y a déjà eu des précédents, ça légitime qu’on continue comme ça. Après tout, il n’y a pas de raison qu’on n’en profite pas à notre tour.

Or, c’est précisément ce qu’il se passe avec “l’affaire Jean Sarkozy”. Comme les seuls partis politiques qu’on entend sont l’UMP et le PS, forcément, dans les médias, on a entendu que le PS pour s’opposer à la nommination euh, pardon, l’élection du fils de son père à la tête de l’EPAD. Il ne restait plus à l’UMP qu’à chercher un précédent chez eux… Ah, au fait, Martine Aubry, c’est la fille de Jacques Delors ? Haro sur le baudet (je ne traite pas Martine Aubry de baudet, c’est une expression). Sans être fan de Martine Aubry, on peut franchement s’interroger : qu’est-ce qu’on lui reproche ? D’être première secrétaire parce qu’elle est fille de ? Ou d’avoir commencé en politique et grimpé quelques échelons parce que fille de…. On peut se le demander tellement les discours sont flous.

De plus, comme je le disais, ce n’est pas parce que ça s’est passé comme ça que c’est bien et qu’il faut continuer. La plupart des socialistes qui sont à la tête du parti socialiste aujourd’hui n’était pas en mesure d’aider Martine Aubry quand elle a fait ses premières armes au PS. Certains étaient même sûrement au collège ou au lycée à l’époque, comme Benoit Hamon.

Enfin, se mettre à taper sur les autres pour justifier ses propres infamies, c’est prétendre que seuls les autres comptent, c’est ne pas prendre en compte le fait que de très nombreux français sont indignés, voir à ce sujet les nombreuses pétitions et autres groupes sur les réseaux sociaux sur Internet.

Que reprochent les français à la candidature de Jean Sarkozy à la tête de l’EPAD ? D’être le fils du président ? Non, ce n’est pas de sa faute. De vouloir griller les étapes ? Oui, certainement. De se servir de son nom pour le faire ? Oui, absolument.

Certes le jeune homme (23 ans, rappelons-le) a redoublé sa première année de droit et redouble la 2ème, mais en même temps, depuis 2 ans, il est conseiller général, ce qui d’une part doit lui prendre trop de temps pour mener des études en parallèle, et d’autre part peut lui avoir apporter une certaine expérience des dossiers.

En revanche, on nous dit qu’il a été élu conseiller général au suffrage universel et que ça le rend légitime. Sans remettre le suffrage universel en question, on peut se demander s’il n’a pas été élu (à 21 ans !!!) parce que seul candidat UMP dans un canton très largement acquis à l’UMP. On nous dit qu’il a été élu président du groupe UMP au Conseil Général des Hauts-de-Seine. Les conseillers généraux ont-ils vraiment eu le choix ? Les subventions, attributions de candidatures etc ne sont-ils pas des moyens de pressions suffisants ?

Enfin, et pour moi c’est là le plus aberrant, un des administrateurs de l’EPAD a du démissionner pour laisser la place au fiston. En effet, celui-ci va être candidat à un poste de président d’un “truc” auquel il ne siégeait pas !!! Le pauvre maire, Nouveau Centre, je crois, qui a du céder sa place va-t-il recevoir une subvention pour un nouveau stade ? Comment ça se passe pour lui, on ne nous dit rien ???

Comment les gens qui siègent à l’EPAD peuvent-ils avoir accepté de se plier à ça ?

bookmark bookmark bookmark bookmark bookmark bookmark bookmark

Laisser un Commentaire

Get Adobe Flash playerPlugin by wpburn.com wordpress themes